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ARGUMENTS A FOURNIR AUX VÉTÉRINAIRES

La science ne ment pas


Quelques arguments scientifiques permettant d'ouvrir le débat sur la qualité des croquettes avec votre vétérinaire parce que les notions de bon sens ou d'alimentation naturelle lui sont généralement étrangères. Accessoirement, ça vous permettra également de juger de la bonne ou mauvaise foi de ce dernier ! Attention, certains vétérinaires sont ouverts et intéressés par la question de la nutrition animale (je ne les mets donc pas tous dans le même sac !), mais ils sont rares sur le territoire français (nutrition et diététique sont d'ailleurs des spécialités très rarement choisies par les étudiants). Ce que je développe dans ce post, les barfers chevronnés le savent déjà:

Mon but est donc simplement de donner des arguments et références scientifiques à ceux qui voudraient expliquer à un Saint Thomas en quoi les aliments préparés pour animaux sont inadaptés.

 

Lorsque votre vétérinaire affirme que les hydrates de carbones (contenues dans les féculents) des croquettes pour chien ont été rendus parfaitement digestibles par la cuisson, demandez lui si les protéines des féculents sont d'une valeur nutritionnelle équivalente pour les carnivores aux protéines des aliments d'origine animale (quid des chaînes d'acides aminés?).

Profitez-en pour lui demander de vous expliquer quel est le métabolisme digestif de l'amidon chez le chien : ne vous laissez pas berner par la fameuse sentence "l'amidon cuit devient très digeste", qui est une manière habile de botter en touche... Commencez par le mettre sur la voie en lui expliquant que vous savez que la salive du chien, contrairement à celle de l'homme, ne contient pas d'amylase à la base (enzyme permettant la dégradation des hydrates de carbone) et que si la salive du chien ne permet pas la "prédigestion" des hydrates de carbone, c'est le pancréas qui assume entièrement ce rôle (tiens donc, mais ça ne fatigue pas le pancréas, ça, à la longue?). Votre vétérinaire n'a-t-il jamais entendu parler des travaux du Docteur Howell? Je ne développe pas ici, car j'y reviendrai plus en détail un peu plus bas.

Lorsque vous dites que la cuisson des aliments industriels détruit les vitamines des ingrédients, le vétérinaire vous répond que ces dernières sont remplacées par des vitamines de synthèse.

La recherche a pourtant démontré que les vitamines de synthèse étaient en moyenne 100 fois moins efficaces que les vitamines contenues à l’état naturel dans les aliments non transformés. Leur effet protecteur sur les graisses (comme sur l’organisme) reste donc limité. Ainsi que l’explique le Docteur Paule Martel, coordinatrice du réseau National Alimentation Cancer Recherche (NACRE), ce phénomène est lié au fait que les vitamines des aliments ne fonctionnent pas de manière autonome mais interagissent avec l’ensemble des micronutriments qu’elles côtoient. Voilà pourquoi les médecins nutritionnistes insistent sur le fait que la prise de complexes vitaminés ne remplacera jamais la consommation de produits naturellement riches en antioxydants, comme les aliments crus. De plus, une grande partie de ces additifs ont prouvé leur toxicité et font l'objet de restrictions au niveau européen, voire d'interdiction dans certains pays (comme la vitamine K3 en Allemagne et aux Etats-Unis).

 Ménadione - Vitamine K3

Lorsque vous expliquez que la cuisson détruit les enzymes facilitant la digestion, votre vétérinaire vous répond qu'il n'y a pas d'enzyme dans les aliments, qu'ils soient crus ou cuits.

Le magazine mensuel Nutranews, consacré à notre propre alimentation, a publié dans son numéro de Novembre 2006 un article sur le rôle des enzymes dans l’organisme. Cet article s’appuie sur les travaux du Docteur Edward Howell , auteur de plusieurs ouvrages de référence sur le sujet et tout premier chercheur à avoir mis en évidence l’importance des enzymes dans notre alimentation (dans le monde scientifique, ses travaux sont aujourd'hui encore une référence au niveau international).

En voici un extrait:

« On a montré que des chiens, nourris avec une alimentation riche en hydrates de carbone et transformée par la chaleur, développaient des enzymes dans leur salive en une semaine en réponse à la pauvreté en enzymes de cette nourriture. Le Dr Edward Howell, dans son ouvrage « Enzyme Nutrition », cite ainsi de nombreuses études montrant que les animaux nourris avec une alimentation déficiente en enzymes souffraient d’une dilatation du pancréas. Pour faire face à une surcharge de travail, les organes se dilatent. C’est ce que fait le pancréas lorsque la digestion des aliments capte toute la capacité disponible de production d’enzymes, provoquant un déficit d’enzymes métaboliques. L’impact très important que le gaspillage d’enzymes pancréatiques peut avoir sur la santé et sur la vie elle-même a été établi dans des études animales. »

Livre:  Enzyme Nutrition Paperback
by Dr. Edward Howell (Author)

Lorsque votre vétérinaire vous affirme que tous les ingrédients utilisés dans les aliments pour animaux sont garantis sains et contrôlés.

Peut-être serait-il bon de rappeler que seuls les ingrédients d'origine animale sont censés (je vais y revenir très vite) être issus de carcasses animales propres à la consommation humaine. Les produits d'origine végétale, eux, ne sont l'objet d'aucune restriction légale. Les fabricants d'aliments pour carnivores domestiques ont recours dans leur immense majorité à de la farine animale. Un rapport de commission d’enquête déposé devant le Sénat français le 11 mai 2001 fait précisément état de la difficulté à identifier la composition et l’usage de ces farines importées : "Compte tenu de cette nomenclature douanière communautaire, il n'est pas possible de distinguer par les seules statistiques la composition des farines importées. Seuls les contrôles en entreprises, sur la base des factures et le cas échéant de demandes de renseignement aux Etats exportateurs ont permis de préciser la nature de ces farines.
En outre, la nomenclature douanière ne précise pas en général la destination ou l'utilisation des produits dans ses libellés. »

Enfin, lorsque votre vétérinaire vous assure que la cuisson des croquettes à de hautes températures est une garantie sanitaire que bactéries, virus, levures et parasites potentiels ont été détruits,

demandez lui ce qu'il pense de la réaction dite de Maillard (s'il n'en a jamais entendu parler, c'est qu'il dormait pendant les cours...). Il a été scientifiquement établi qu’en s’attaquant à la structure des acides aminés des aliments, la cuisson à de hautes températures (au delà de 150°) faisait apparaître des substances hautement cancérigènes connues sous le nom d’amines hétérocycliques (cf. notamment le dossier de l’Agence Française pour la Sécurité Sanitaire des Aliments - AFSSA - « Alimentation Nutrition et Cancer » d’août 2003, dans le cadre du Programme National Nutrition Santé). Cette réaction chimique a été mise en évidence par Camille Maillard, chercheur et professeur agrégé à la Faculté de Médecine de Paris. Ce dernier publia en 1913 un livre intitulé Genèse des matières protéiques et des matières humiques , dans lequel il expose ses observations quant aux résultats de l’interaction sucres/protéines. Sa découverte, passée inaperçue à l’époque, est aujourd’hui considérée comme une des plus importantes avancées scientifiques du XXe siècle. On sait à présent que la réaction de Maillard créée les néo composés les plus mutagènes connus à ce jour (acrylamide, HAP, glycotoxines de type CML etc.). L’expérimentation animale  a dernièrement apporté la preuve formelle que ces molécules néo transformées avaient une influence cancérigène à court terme sur des tumeurs existantes et provoquaient à long terme des cancers digestifs chez les singes, les rats et les souris. Les premières études de cas humain ont corroboré ces résultats par la mise en évidence de l’association entre une alimentation riche en produits cuits à de hautes températures (tous les modes de cuisson sauf vapeur et cuisson à l’eau) et l’apparition de certains cancers. Si certains de ces néo composés sont - comme on l’a vu - hautement cancérigènes, Inès Birlouez-Aragon, Chercheuse en chimie à l’Institut supérieur d’agriculture de Beauvais et Maître de Conférences à l’Institut National Agronomique de Paris-Grignon, explique dans la revue Inserm Actualités N°198 d’Avril 2006, que d’autres sont également soupçonnés d’être à l’origine de réactions auto-immunes (allergies, diabète, arthrose etc.). Il a notamment été démontré à un niveau expérimental sur l’homme et les animaux de laboratoire que, parmi ces composés de Maillard, les glycotoxines de type CML (Carboxyméthyllysine) avaient une action pro inflammatoire chez les sujets diabétiques et provoquaient une augmentation notable du stress oxydatif, dont on sait aujourd’hui avec certitude qu’il est la cause directe des cancers et de nombreuses maladies dégénératives (accélération du vieillissement). « Il est possible que certains procédés de fabrication des aliments commerciaux pour animaux augmentent l’effet antigénique de certains ingrédients, reconnaissent les auteurs de Canine and Feline Nutrition, pourtant en poste au sein d’une grande firme d’aliments industriels pour chiens et chats ! Ceci expliquerait que certains animaux domestiques au tempérament allergique tolèrent très bien les régimes ménagers mais développent une réponse allergique aux régimes commerciaux qui comprennent les mêmes ingrédients » . L’AFSSA  confirme de son côté que le chauffage des aliments à de hautes températures présente un risque allergénique accru car les transformations chimiques qu’il induit créent des molécules étrangères (néo-antigènes) que le corps risque de rejeter.

Bref, si votre vétérinaire essaie de vous convaincre que la science est de son côté, il lui faudra démontrer que les organismes de santé publique et les plus grands chercheurs reconnus à travers le monde ont tort.


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