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Sécurité sanitaire

Les additifs alimentaires


L'usage des additifs alimentaires incorporés dans les aliments pour animaux fabriqués et/ou commercialisés dans l'Espace Economique Européen est règlementé par la Directive du Conseil 70/524/CEE (2004). Les additifs alimentaires (consommation humaine et animale) agréés au niveau européen sont classés en 24 catégories. Les plus courants sont les colorants (E100 à E180), les conservateurs (E200 à 297), les antioxydants (E300 à E321), les agents de texture (E322 à E495) et les exhausteurs de goût (E620 à E641).
Les conservateurs sont des substances artificiellement incorporées aux aliments pour neutraliser l'action des bactéries et de leurs propres enzymes (dans le cas de produits crus). Les procédés d'appertisation (mises en conserves) et de cuisson-extrusion (aliments secs) contribuent également à préserver les aliments des attaques de micro-organismes extérieurs.

De récentes études tendent à démontrer que les conservateurs contenus dans les plats cuisinés prêts à l'emploi pour notre propre consommation pourraient être un facteur d'obésité chez l'être humain.

Les conservateurs, en inhibant la dégradation des molécules alimentaires empêcheraient par la même l'organisme de transformer les lipides (graisses) en énergie. Ces graisses non utilisées seraient alors stockées par l'organisme dans les tissus et les artères, d'où un risque accru de surpoids et de maladies cardiovasculaires.

Le chien et l'homme n'ont pas la même façon de métaboliser les graisses, qui sont la toute première source d'énergie chez le chien, alors que chez l'homme, ce rôle est joué par les glucides.

On peut néanmoins s'interroger sur le rôle des conservateurs dans le développement ou le maintien d'un surpoids chez certains chiens nourris à l'aliment industriel et en particulier à l'aliment industriel humide. En effet, les conservateurs sont présents dans tous les aliments industriels humides pour animaux (conserves) et dans de nombreux aliments secs, bas ou haut  de gammes.

Il faut en outre savoir que parmi ces conservateurs, les additifs E214 à E220 ont apporté la preuve de leur toxicité sur l'homme et l'animal (atteintes dermatologiques).

Certain fabricants affichent sur leurs sacs d'emballagaes des indications comme par exemple:

  • Additifs selon CEE
    Ce cache relativement commode permet d'occulter les conservateurs comme B.H.T. B.H.A.
  • Souvent vous pouvez également lire la mention: Sans ajout de  conservateurs artificiel ou conserver par une vitamine.
    Hélas de telles déclarations sont proche de la manipulation mensongère. Toute graisse animale doit être conservée pour éviter qu'elle devienne rance. Ces graisses sont généralement achetées auprès des sociétés d'équarrissages. Ces sociétés ajoutent naturellement un conservateur tel que par exmple du B.H.T. pour stocker dans leurs entrepots les futs produits. Avec cette astuce, le fabricant peut naturellement faire la mention:

    Sans ajout de conservateur artificiel. Ce conservateur est deja contenu dans la graisse.

    Quant à la vitamine comme conservateur: C'est en gros la même mystification comme la déclaration précedente. Toute vitamine à la fâcheuse tendance à s'oxyder et actuellement il n'y aucune vitamine capable d'assurer la conservation d'une graisse animale dépassant approx. 3 mois. Autrement dit le conservateur avait également été déjà ajouté par la société d'équarrissage.

Bien que le sel (sodium) soit un nutriment à part entière, il est aussi utilisé par les fabricants - en particulier d'aliments secs - comme exhausteur de goût et conservateur naturel. Pour cette raison, le taux de sel de la majorité des aliments commerciaux pour animaux domestiques est très supérieur aux recommandations nutritionnelles des spécialistes.

Le Docteur vétérinaire australien Ian Billinghurst estime par exemple que les aliments pour carnivores domestiques contiennent de 10 à 20 fois plus de sel que nécessaire.

Les auteurs du guide à usage vétérinaire Canine and Feline Nutrition expliquent néanmoins que cet excès de sel est très bien toléré par les chiens, les études cliniques ayant démontré leur résistance naturelle à l'hypertension. L'excès de sel n'a donc pas de conséquence directe sur le système cardio-vasculaire de nos toutous.

Les aliments humides et semi humides contiennent des humectants, qui retiennent l'eau afin de conserver le moelleux de l'aliment. Parmi ces humectants on trouve le glycérol (graisses) et certaines formes de glucose (sucres). Ces additifs sont en soi inoffensifs et contribuent à la formation des sauces et gelées qui améliorent l'appétence des produits.

Il n'en va pas de même avec les nitrites et nitrates de potassium et de sodium (E249 à E252), produits de synthèse dont les effets allergènes et cancérigènes ont été démontrés sur l'homme et les animaux.

Ces substances sont pourtant parmi les conservateurs les plus fréquemment utilisés dans les aliments humides et semi humides pour animaux familiers.


Certaines gommes (E412 à E414 et E416 ), ainsi que les carraghénanes (E407), agents de texture pourtant d'origine naturelle (algues transformées) destinés à préserver le liant des aliments en conserve à base de viande et sous-produits de viande, ont elles aussi démontré leur toxicité sur le système digestif des animaux de laboratoire (ulcération des parois digestives et tumeurs du côlon chez le cobaye et le rat) et sur le derme des êtres humains (réactions allergiques, inflammation des muqueuses).
Les colorants synthétiques, quant à eux, sont les additifs les plus largement employés dans les aliments humides et semi humides pour animaux : ce sont eux qui donnent à l'aliment l'appétissante couleur rosée à rouge brique censée rappelée à l'acheteur l'aspect de la viande fraîche.

La plupart de ces colorants ont pourtant démontré leur nocivité sur l'organisme animal et humain au cours d'études cliniques à grande échelle. L'érythrosine (E127) et le rouge cochenille (E124) peuvent déclencher de violentes réactions allergiques et sont même suspectés d'avoir des propriétés cancérigènes. Pour Paul Lannoye, membre de la Commission Européenne Santé Environnement et Protection des Consommateurs et auteur du « Guide des additifs alimentaires.

Les précautions à prendre », la totalité des colorants de synthèse devraient purement et simplement être interdits d'utilisation dans le domaine agroalimentaire. Il précise que l'usage de colorants naturels a priori inoffensifs, comme la cochenille (E120) ou le bêta carotène (E160A), n'est pas en soi une garantie d'innocuité : certains solvants toxiques peuvent être utilisés pour leur extraction. Concernant les colorants alimentaires, la prudence est donc de mise.

Les antioxydants (ou antioxygènes) se divisent en deux grandes familles : les antioxydants dits endogènes, produits par l'organisme, et les antioxydants dits exogènes, contenus dans l'alimentation. Les antioxydants utilisés dans les aliments pour animaux domestiques appartiennent à la seconde catégorie. Les antioxydants sont les additifs les plus largement utilisés en alimentation animale car ils sont indispensables à la protection des aliments.

Ils ont pour fonction première de protéger les graisses alimentaires du rancissement, responsable de la détérioration du produit (goût et couleur) et du développement d'éléments toxiques comme les radicaux libres (appelés aussi pro oxydants). Lorsque les radicaux libres ne sont pas neutralisés par la présence d'antioxydants en quantité suffisante, ils produisent du stress oxydatif.

On sait aujourd'hui que le stress oxydatif est la cause directe des cancers. Il accélère le vieillissement des cellules de l'organisme et le développement des maladies dégénératives qui y sont associées (arthrose, diabète, cancer, etc.). Il est également un facteur aggravant dans l'apparition de troubles cardio-vasculaires.

Chez l'homme, les principales causes de développement des radicaux libres dans l'organisme sont l'alimentation (produits surcuits ou oxydés par une exposition prolongée à l'air libre), la consommation d'alcool, le tabac, l'effort physique intense et le stress.

Les antioxydants utilisés dans les aliments commerciaux pour animaux sont généralement qualifiés de « synthétiques » ou de « naturels ». En réalité, il n'existe aucune réelle différence de fabrication entre les deux : les antioxydants dits « synthétiques » sont des substances chimiques qui n'existent pas à l'état naturel, alors que les antioxydants dits « naturels » sont souvent des dérivés artificiels de vitamines naturelles autrement dit des vitamines synthétiques. Les deux appellations désignent donc des produits de synthèse, dont l'utilisation est règlementée par la Communauté Economique Européenne.


En alimentation animale préfabriquée, les antioxydants dits synthétiques sont les plus utilisés.

Ces derniers sont appréciés pour leur excellent pouvoir conservateur et leur coût modéré. Moins utilisés en quantité et en fréquence, en raison de leur instabilité et de leur coût élevé, les antioxydants dits « naturels » sont généralement utilisés en association avec les antioxydants synthétiques, dont ils renforcent le pouvoir conservateur.

Quelle différence d'effet existe-il entre les antioxydants synthétiques et les vitamines naturelles ou de synthèse ?

Les antioxydants synthétiques utilisés dans les aliments commerciaux pour animaux limitent l'apport des radicaux libres par l'alimentation mais n'aident pas à lutter contre les autres sources de radicaux libres, car ils n'agissent que sur les graisses de l'aliment (rôle de conservateur) et non directement sur les cellules de l'organisme. Les antioxydants vitaminiques, à l'inverse, jouent un rôle protecteur sur les cellules de l'organisme : ils renforcent l'action du système immunitaire et luttent contre l'apparition du stress oxydatif. Parmi ces vitamines, les plus efficaces sont l'acide ascorbique (vitamine C), dont l'action anti cancer a été scientifiquement prouvée, et les tocophérols (vitamine E), eux aussi reconnus pour leur efficacité dans la lutte contre le stress oxydatif (diminution entre autres des risques cardio-vasculaires). De manière générale, les antioxydants naturels (vitamines A, C, E, poly phénols, oligoéléments etc.) contribuent à une baisse de la mortalité chez les sujets qui en consomment régulièrement via leur alimentation.

Le problème posé par l'usage des vitamines dans les aliments industriels est leur manque de résistance aux différents traitements de l'aliment (broyage, cuisson, extrusion) et leur coût d'utilisation élevé. La vitamine C, très fragile, est particulièrement difficile à synthétiser et à incorporer dans les aliments pour animaux domestiques, en raison de son manque de résistance à la chaleur et du fait que, contrairement à la vitamine E, elle n'est pas soluble dans les graisses (liposoluble), mais se dilue dans l'eau (hydrosoluble).

Il est donc particulièrement malaisé de l'utiliser dans la conservation des graisses.

En revanche, il a été prouvé qu'elle renforçait l'action d'autres antioxydants, comme le BHT (cf. § suivant sur les antioxydants de synthèse) et la vitamine E. La vitamine E, beaucoup plus résistante que la vitamine C, est plus simple d'utilisation. Son usage est donc plus fréquent. Malgré tout, l'usage des antioxydants dits « naturels » dans les aliments pour animaux domestiques reste très restreint.

Indépendamment de leur coût élevé, la recherche a démontré que les vitamines de synthèse étaient en moyenne 100 fois moins efficaces que les vitamines contenues à l'état naturel dans les aliments non transformés. Leur effet protecteur sur les graisses (comme sur l'organisme) reste donc limité.

Ainsi que l'explique le Docteur Paule Martel, coordinatrice du réseau National Alimentation Cancer Recherche (NACRE), ce phénomène est lié au fait que les vitamines des aliments ne fonctionnent pas de manière autonome mais interagissent avec l'ensemble des micronutriments qu'elles côtoient. Voilà pourquoi les médecins nutritionnistes insistent sur le fait que la prise de complexes vitaminés ne remplacera jamais la consommation de produits naturellement riches en antioxydants, comme les fruits et les légumes crus, par exemple.

Ajoutons à cela que plusieurs de ces vitamines de synthèse sont considérées par la communauté scientifique comme potentiellement dangereuses.

Certaines d'entre elles (bêta carotène, vitamine C associée au fer) auraient notamment une activité pro oxydante favorisant le développement de cancers des voies aériennes et digestives (bouche, pharynx, œsophage, foie, poumon, estomac, côlon, rectum).

La ménadione, ou vitamine K3, est quant à elle définitivement répertoriée comme substance nocive.

Cette vitamine, qui n'existe pas à l'état naturel, est la forme synthétique des vitamines K1 et K2. Parfois utilisée par les fabricants de haut de gamme alimentaire pour chiens et chats, cette vitamine est connue pour ses effets toxiques sur le foie, à telle enseigne qu'elle a été strictement interdite dans les aliments destinés à la consommation humaine en Allemagne et aux Etats Unis . Mais pour des raisons de couts et au détriment de la santé de nos animaux de compagnies, cette substance est admise comme ajout pour les aliments d'animaux.

Les antioxydants dits « synthétiques », quant à eux, conservent l'intégrité des graisses de manière idéale. Faciles à fabriquer, efficaces, peu onéreux, ils sont plébiscités par l'immense majorité des fabricants. Les plus utilisés, comme le BHA (E320) et le BHT (E321), présentent cependant l'inconvénient majeur d'avoir des propriétés toxiques sur l'organisme et font actuellement l'objet de mesures restrictives au niveau européen.

En plus du BHA et du BHT, on trouve dans de très nombreux aliments pour animaux domestiques des antioxydants aux propriétés toxiques pour les organes digestifs, les reins ou le système immunitaire (E310 à E316, E385 - interdit en Australie ). Si malgré sa mauvaise presse, liée à une confusion avec l'éthylène glycol, le propylène glycol (utilisé dans les aliments semi humides essentiellement) n'a jamais démontré de propriétés toxiques, il n'en va pas de même pour l'éthoxyquin (interdit à la consommation humaine), fréquemment utilisé en alimentation animale, mais aussi comme insecticide et fongicide !

Les recherches en cours tendent à démontrer la nécessité sanitaire d'interdire purement et simplement l'usage de tels additifs - présents dans un grand nombre de produits de consommation courante pour ce qui est du BHA et du BHT : aliments pour animaux mais aussi plats cuisinés, cosmétiques, boissons, emballage etc. - mais les intérêts économiques en jeu dans le milieu industriel sont tels que la Communauté Européenne ne veut et ne peut pour l'instant les interdire (elle se contente de fixer des normes limitatives). En effet, il n'existe actuellement aucun procédé alternatif fiable de conservation des aliments ou de stabilisation des vitamines dans les produits cuits et extrudés.

Les mentions imprécises de type « additifs CEE » doivent quant à elles être considérées comme hautement suspectes. Elles cachent presque à coup sûr l'usage de produits de synthèse nocifs, comme l'éthoxyquin, le BHA et le BHT.

La majorité de ces additifs alimentaires se rencontrent également dans les préparations culinaires industrielles destinées à notre propre consommation, mais le risque lié à une consommation occasionnelle de ces substances est purement hypothétique. En effet, leur toxicité n'est avérée qu'à des doses élevées. C'est une des raisons pour lesquelles les nutritionnistes déconseillent la consommation excessive de conserves et de plats cuisinés.

Le problème des additifs contenus dans les aliments pour animaux est qu'ils sont consommés quotidiennement par nos chiens et chats domestiques, qui les stockent dans leur organisme et s'exposent alors à un lent empoisonnement de leurs cellules.

Attention, la mention « bio » ou « produit issu de l'agriculture biologique » ne garantit pas l'absence d'additifs synthétiques ou de solvants dans les additifs naturels.

Bien qu'il existe en France depuis l'année 2004 un cahier des charges établi par le Ministère de l'Agriculture pour régir la production des « aliments pour animaux de compagnie a base de matières premières issues du mode de production biologique », ce dernier précise qu'en l'absence de solutions alternatives, l'usage des vitamines de synthèse et des antioxydants de type BHA et BHT est autorisé.

Je conclurai cet article par un sérieux « coup de gueule » et une mise en garde des propriétaires de chiens. Deux arguments pseudo scientifiques sont utilisés par les fabricants depuis l'avènement de l'industrie alimentaire pour animaux de compagnie, dans le seul but de s'assurer une fidélité ad vitam æternam des acheteurs à leur marque:

Les chiens ne supportent pas le changement d'alimentation  et  il ne faut surtout rien ajouter à une ration industrielle sous peine de créer un déséquilibre alimentaire . La persévérance et la force de persuasion des producteurs sont telles que bon nombre de vétérinaires eux-mêmes approuvent et relaient ce discours, que je n'hésiterai pas à qualifier de criminel en ce qui concerne le second argument !

Un chien nourri à l'aliment industriel, même conservé à base de vitamine E, doit impérativement se voir proposer régulièrement une petite quantité d'aliments crus riches en antioxydants (un quartier de fruit chaque jour, quelques pelures de légumes crus en purée ou 100 à 200g de viande crue sur la semaine, par exemple) pour le bon fonctionnement de son système immunitaire et de son activité cellulaire. C'est le seul moyen de permettre à son organisme de lutter efficacement contre le stress oxydatif et par la même d'accroître son espérance de vie. Cela est d'autant plus vrai si l'animal a une activité sportive, génératrice de radicaux libres en quantité importante. Quant à la notion de variété alimentaire, le chien n'a certes pas « besoin » de variété alimentaire mais cela ne signifie nullement que cette dernière lui soit nocive. La FACCO elle-même (Fabricants d'Aliments pour Chiens, Chats et Oiseaux) recommande sur son site Internet de « ne pas hésiter à varier les repas et à changer de recette si vous constatez une certaine lassitude ».

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